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L'Angleterre, ma terre d'asile "Il était une fois au Pays des Droits de l’Homme, trois amis qui se jurèrent d’être unis et fidèles pour offrir à l’Homme une société où chaque citoyen serait libre et l’égal de l’Autre dans un esprit fraternel. L’un s’appelait Liberté, le second Egalité et le troisième Fraternité. Le Pays des Droits de l’Homme connut des difficultés à travers le temps mais le trio universel ne cessa de rayonner jusqu’à atteindre les contrées les plus lointaines. Pendant longtemps je crus à cette histoire jusqu’au jour où…" Témoignage d'une lectrice
"Ce tryptique universel s’est avéré être une chimère. 2004 a été l’année de la rupture entre la société française et les filles portant le voile dont je fais partie. Une guerre psychologique éclata où des murs se dressèrent créant des frontières invisibles. Un arsenal juridique a été mis en place afin de légitimer l’exclusion des filles voilées du système scolaire. C’est l’avènement d’une loi anticonstitutionnelle et injuste qui a pour objectif la marginalisation d’une composante de la société française. De la parole confisquée par les législateurs et les médias on assistait à l’infantilisation de la femme musulmane. J’ai connu la violence verbale jusqu’à l’agression physique du fait que je porte le voile. Entre indignation et impuissance on subissait un retour à l’ère coloniale à travers l’acculturation forcée. Cette tentative de recolonisation des esprits et du corps de la femme musulmane a déjà existé. En 1958, lors de la colonisation française en Algérie, des séances de dévoilement publiques d’algériennes étaient organisées au nom de la libération de la femme. L’histoire se répète… Derrière cette loi, il y a une volonté de nous réduire au silence et à l’invisibilité des espaces publiques où interagissent les principaux rapports sociaux: à savoir l’école et le monde du travail. De plus, la loi interdisant le port du voile à l’école a été extrapolée officieusement au monde du travail dont l’accès est verrouillé en toute impunité et illégalité. Dans ces conditions, comment peut-on apporter notre contribution à la société sans renoncer à ses principes? Nous sommes confrontées à une situation inextricable : se dévoiler afin d’avoir accès à l’éducation, à un emploi ou ne pas se soumettre à un diktat et être marginalisées par la société… Telle est le terrible dilemme auquel tous les jours une génération sacrifiée fait face. Aucune perspective d’avenir en France ne se profilait à l’horizon. Il fallait agir…
Une fraternité pure, rare m’attendait au fil de rencontres improbables, étonnantes et fascinantes. Des liens forts se sont tissés et ont donné naissance à des amitiés éternelles. Le chemin de l’exil spirituel à Londres a adouci le déracinement jusqu’à l’effacer. J’ai ressenti l’âme de l’humanité au cœur de Londres. Le doux parfum de la liberté murmurait à mon âme : tu es libre. Aujourd’hui, j’ai obtenu mon visa. Je veux découvrir d’autres horizons en Amérique et tenter cette expérience au Canada avant de retourner à Londres qui est un modèle de cité dont le monde devrait s’inspirer. Cet exil spirituel a été l’occasion d’une profonde introspection. Entre questionnements et redécouverte de soi je vis désormais en paix et en accord avec ma spiritualité. Héritière d’une identité arabe, européenne et africaine dont le dénominateur commun est l’Islam; mon être évolue, se construit pour se réinventer. A la fois dans la peau d’une immigrée et exilée spirituelle je suis devenue une nomade qui se promène sur cette terre à l’ombre des nations. Comme l’écrivait Khalil Gibran « La terre est ma patrie et l’humanité est ma famille ». Citoyenne du monde, j’irai respirer là où souffle le vent de la liberté…"28/04/2009 |
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