La parole du jour

La vérité est une ligne tracée entre les erreurs.

(Franz Anton Mesmer)

 

L'emploi, une priorité féminine : exemple de Marseille

L’emploi demeure toujours la préoccupation première des femmes. Le contexte socio-économique délétère ne les incite pas vraiment à un retour au foyer. Le chômage reste très élevé dans les Bouches-du-Rhône, touchant davantage les femmes et notamment celles d’origine étrangère. Le taux d’activité est plus faible que la moyenne nationale. Le bassin d’emploi du grand Marseille (Marseille/Aubagne) est épargné en représentant 58 % des femmes actives, soit plus de la moitié des emplois du département. Mais, la profusion du temps partiel accentue la précarité.

 

La crise ne va fondamentalement pas changer la donne, telles sont les conclusions fin 2006 d’un rapport du CREDOC (centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), commandée par l’Observatoire du Droit des Femmes et de l’Egalité des Chances. De 1999 à 2006, «nous n’avons pas d’évolution notable, on retrouve de grandes constantes, des configurations similaires », résume Marie-Pierre Maurice-Goffi, chargée de mission de l’Observatoire.

 

En dépit d’une nette progression depuis 1990, notamment chez les plus jeunes, le taux d’activité reste bas. Certes, la croissance de l’emploi depuis quinze ans est supérieure à la moyenne nationale. Elle concerne principalement le secteur tertiaire, et donc profite davantage aux femmes.

Néanmoins, elles sont plus fréquemment titulaires d’un contrat de travail précaire –même a priori pour les plus diplômées d’entre elles. La zone d’emploi Marseille-Aubagne concentre en 1999 près de 60 % des emplois féminins du département, profitant du poids de l’activité surtout tertiaire de la métropole phocéenne, moins favorable aux hommes. Les effectifs sont polarisés dans le commerce du détail, l’éducation, l’administration publique, la santé et l’action sociale.

 

Les femmes immigrées plus fragilisées

 

On retrouve une grande tendance, «l’offre des crèches et des nourrices n’a pas augmenté. Le problème de garde d’enfants les oblige à s’arrêter», observe Mme Maurice-Goffi. Autre constat est une très forte progression du nombre d’actives chez les femmes issues de l’immigration, conjuguée à une chute accentuée du nombre d’actifs étrangers.

Le nombre de femmes actives étrangères a augmenté de 75 % de 1982 à 1999 pour 55 % à l’échelle de la France entière. Il n’empêche que le taux d’activité reste encore faible. Un bémol est mis selon les pays d’origine –Asie du Sud-Est, Maghreb, Turquie ou Afrique sub-saharienne. Malgré ces disparités en fonction du pays d’origine, les femmes d’origine étrangère restent dans l’ensemble, fragilisées par la crise économique.

Plus d’un tiers sont à la recherche d’un emploi. Selon l’étude du CREDOC, un panel représentatif de 500 femmes tend à montrer que la pratique de la langue étrangère influe sur l’activité. Les difficultés sont récurrentes : à commencer par le sexe, puis l’origine et l’absence de diplômes. En 2000, dans les Bouches-du-Rhône, le salaire féminin moyen ne représente que 75 % du salaire masculin moyen. Les femmes sont aussi nettement moins présentes dans les postes de décision et ne représentent qu’un tiers des cadres et des professions intellectuelles. 

Besoin urgent de travailler 

Du côté de l’Union des Familles Musulmanes des Bouches-du-Rhône (UFM* 13), un constat assez identique est dressé. «Les musulmanes comme toutes les mères ont besoin de travailler » explique la directrice, Nasséra Benmarnia. Pour les familles monoparentales, «les femmes devenues chefs de famille n’ont pas le choix ».

Pour les mères au foyer, dès que la scolarité de leurs enfants démarre, elles ont besoin d’un revenu complémentaire au salaire du mari. Le public concerné sont les femmes de 30 à 45 ans. La difficulté majeure est «un bagage scolaire peu important. Alors on passe d’abord par une formation professionnelle et linguistique ».

Parallèlement, la socialisation est un axe clé de l’UFM via l’organisation d’ateliers ou d’événement fédérateur (L’Aïd dans la cité, en décembre dernier). «Elles trouvent du travail dans les emplois de service à la personne » pour les deux tiers. La situation d’ensemble diffère cependant dans deux cas précis. D’une part, la vague d’immigration algérienne des années 90 a vu l’arrivée en France d’intellectuels. En général, «ils se débrouillent tout seuls, très bien ». Et les sans-papiers dans le cadre de regroupement familial. La régularisation de leur situation administrative leur a permis de se connecter  rapidement avec le monde du travail. Mme Benmarnia vérifie une tendance selon les pays d’origine en terme d’activité salariée, «beaucoup d’algériennes peuvent avoir un emploi, peu de marocaines et de comoriennes, presque pas de tunisiennes, d’égyptiennes, de congolaises ou de sénégalaises ». La directrice observe que Marseille, «même si la ville est sinistrée, c’est l’endroit où l’on a le plus de chance de trouver un emploi (que dans le reste du département) ».

 

Tentatives de réponse 

Dans leurs nouveaux locaux, l’UFM s’est fixé l’objectif de mieux travailler encore l’accompagnement vers l’emploi. Côté Observatoire, le travail en réseau –avec notamment des travailleurs sociaux ou des associations de quartiers- pourrait être conforté. L’organisme attend les conclusions en juin 2009 d’une nouvelle étude, confiée à l’Observatoire social de Lyon, qui devrait «recenser les structures bénévoles et salariées (oeuvrant sur le secteur) et apporter une réponse aux besoins sur le terrain », indique Mme Maurice-Goffi. En collaboration avec la Direction Générale de l’action sociale (DGAS), un dispositif à destination de 100 femmes rmistes de toutes origines sera mis en place courant 2009 sur les métiers dits masculins. Des pistes d’action qui ne seront, somme toute, pas suffisantes face au contexte très alarmant de la conjoncture.  

Créé en 2005 par le Conseil général, l’Observatoire départemental du droit des femmes et de l’égalité des chances est un outil de connaissance sur la condition des femmes dans les Bouches-du-Rhône et d’aide à la décision pour la mise en place d’actions susceptibles d’œuvrer en faveur du droit des femmes.

*UFM, depuis 1996, est une association assurant le lien administratif, social, professionnel envers les familles musulmanes, sur les Bouches-du Rhône, locaux situés à Marseille. Une centaine d’adhérents sympathisants, environ 330 familles accompagnées sur l’année.

Myriam Mounier 

23/04/2009

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Bouazza  - l'Islam n'est pas une question d'ethnie...   |2009-07-26 22:42:59
L'Islam n'est pas une question d'ethnie, de clan, de tribu, de nationalité, de pays ou
autre.
L'Islam consiste à adorer Allah, comme Allah le demande.
C'est dire que lorsque
quelqu'un parle de populations de pays dits arabes, il ne s'agit pas automatiquement de
musulmans et de musulmanes. Ces populations peuvent ne pas l'être.
Les Arabes aussi
peuvent être musulmans, mais ne le sont pas parce que Arabes.
Il nous appartient de ne
pas confondre Islam et ethnie, clan, tribu, nation, pays ou autre.
L'usage de chaque
terme est important. Nous nous devons de faire des efforts, pour donner à chaque mot son
sens.
Qu'Allah nous éclaire et nous guide.

BOUAZZA.