La parole du jour

L'herbe est toujours plus verte chez les autres... Jusqu'à ce qu'on découvre que c'est du gazon artificiel.

(Jacques Salomé)

Influence dans notre vie de couple de la place que l'on a occupée dans sa fratrie  

 

Selon un sondage Ifop - L'Express, 47% des frères et sœurs assurent très bien s'entendre avec les autres membres de leur fratrie. Qu’en est-il de ceux pour qui cela a été plus difficile ? Dans le cadre de mes fonctions de conseillère conjugale, j'ai eu à constater de la complexité des relations fraternelles et de leurs effets.

La fratrieCertes, selon que l'on soit un homme ou une femme, la place et le rang que l'on occupe dans sa fratrie, cela influence notre tempérament, nos comportements primaires, nos choix et donc aussi notre vie conjugale. Je ne pourrai pas ici dresser tous les cas de figures tant cela implique d’écrire un ouvrage spécialisé sur la question.
Mais je voulais, par l'écriture de cet article attirer l'attention des lecteurs sur les paramètres familiaux influençant la qualité de notre vie de couple.
Depuis le début de l'humanité, les frères et sœurs ont très souvent construit leur personnalité dans la jalousie et la rivalité dont les enjeux principaux n'étaient et ne sont que l'amour, l'attention, l'admiration des parents.


Selon la place occupée, et l'attention des parents, les enjeux sont bien sûr différents. Celui du milieu par exemple, souffre couramment d'un sentiment de solitude. Enfant, comparé aux aînés, il n'est pas assez grand pour avoir des responsabilités et ne se sent pas admiré de ses parents. Mais il est toutefois trop grand pour être choyé et bénéficier de leur attention, alors dirigée vers les plus petits.

Une fois devenu adulte, il se place comme médiateur, entre le reste de la fratrie et ses parents, toujours à l'affût d'un geste, d'un regard approbateur, il tente tant bien que mal, que cela tourne rond autour de lui, une tâche ingrate, car la reconnaissance tant attendue au final, ne lui est que trop rarement octroyée.
Dans ce cas précis, cette volonté d'exister dans le regard favorable et admiratif de ses parents se prolongera avec l'être aimé(e).
S'ajoutent à cela des paramètres liés au nombre d'enfants qui suivent et des paramètres liés au sexe de l'enfant du milieu et de ceux qui l'entourent.

Se retrouver être une fille au milieu d'une fratrie de garçons n'aura bien sûr pas la même influence dans la vie, qu'être un garçon au milieu d'une fratrie de filles.
Etre une fille au milieu d'une fratrie de garçon, peut être un avantage comme un inconvénient. S'il s'agit de la fille tant attendue du papa, protégée, admirée, celle-ci ressentira positivement l'effet de sa position. Toujours au défi avec leurs frères, une fois mariées, ces femmes ont en général beaucoup de mal à déléguer dans leur couple, car pour elles, cela équivaudrait à couper l'arbre d'amour à la racine. « Si je cesse d'agir et d'assurer, je ne mérite plus ses attentions et ses admirations quotidiennes.»

Par contre si les parents vouent une admiration culturelle sans faille pour la gent masculine, et si la mère considère la venue au monde de sa fille, comme une possibilité de souffler et de déléguer ses responsabilités ménagères, bien évidemment le ressenti de la position sera perçu négativement, pas assez grande pour avoir le droit de penser à elle, mais suffisamment pour être responsable de ceux qui suivent. La construction de l'estime de soi, dépend du regard des parents posé sur soi.
Pour le cas du frère dont la position est celle du milieu, entouré de filles. S'il s'agit du fils tant attendu de papa et de maman, cette position du milieu sera ressentie positivement par l'enfant.

Le coupleVoici un cas concret au sein de mon cabinet, quant à l'influence de cette position sur le tempérament et sur la vie de couple. Un frère surprotégé, choyé de toute part par ses sœurs et ses parents, un véritable buvard d'amour, qui recherche des câlins, des marques d'affection à longueur de journée, nous a un jour consulté car il ne se sentait pas aimé par son épouse. En fait le réel souci, était que son épouse avait toujours occupé dans sa fratrie, la place de l'aînée, une place de haute responsabilité ne lui ayant pas permis jusqu'à présent, de faire dans le sentiment mais plutôt dans l'action, vite et bien.

Un milieu + un milieu : l'homme et la femme, dans ce cas de figure se sont mariés poussés par une envie débordante de combler ce manque d'attention, d'admiration parentale dont ils ont manqué. Chacun estimant qu'il est enfin temps que l'on s'occupe de lui. Le manque de confiance en soi règne des deux côtés. La femme et l'homme espèrent l'un de l'autre de l'attention, et des marques d'amour au quotidien. Cela fonctionne quand ils savent verbaliser leurs besoins sans culpabiliser l'autre.



Myriam Lakhdar (conseillère conjugale)

20/12/2008

MWM

 

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kamel  - Intéressant   |2009-02-15 14:07:25
Salem à tous,
Cet article met en lumière une situation que tout le monde a du
rencontrer de près ou de loin. D'autant que dans nos communautés (je parle ici de
communauté éthnique et non religieuse) les fratries sont importantes (au sens
sentimental mais surtout du nombre hamdulillah.