La parole du jour

La vérité est une ligne tracée entre les erreurs.

(Franz Anton Mesmer)

Le Fond Sénégalais de Solidarité Islamique 

Une association islamique à but humanitaire

Par Bineta Touré (Sénégal)

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La solidarité occupe une place de choix dans nos valeurs traditionnelles et l’Islam en fait une des meilleures expressions de la foi en Dieu et de la fraternité qui lie les membres de la communauté qu’elle a fondée.
Cependant, deux constats s’imposent :

  • D’abord la solidarité nationale au Sénégal est mal organisée et sa forme traditionnelle, qui prévaut encore, encourage la paresse et le laxisme et ne répond plus aux multiples besoins de la société moderne.
  • Quant à la solidarité internationale, elle est abusivement sollicitée et mal géré. Ce qui a fini par ternir l’image des Musulmans sénégalais dans une partie du monde musulman.

 

e Conscient de tout cela, un groupe de Sénégalais issu des différentes catégories professionnelles et de toutes les communautés musulmanes, a pris en 1987 l’initiative de créer une structure dénommée Fonds Sénégalais de Solidarité Islamique. Il s’agissait d’organiser la solidarité de façon rationnelle afin de la rendre plus efficace et de nous permettre de nous passer du recours systématique à la recherche de l’aide extérieure.
L’objectif général du FSSI était de mobiliser des ressources financières locales et de promouvoir l’entraide entre les associations islamiques, de soutenir les daaras (écoles islamiques) et d’apporter aide et assistance aux nécessiteux.



Dès sa reconnaissance en 1988, le FSSI est intervenu plusieurs fois en faveur des sinistrés (Bambey 88) et des réfugiés (1989 -1990) et a apporté une aide financière et matérielle à plusieurs écoles, associations et institutions publiques telles que l'Institut de Pédiatrie Sociale de l'HALD et le C.T.O. Par ailleurs, le Fonds a ouvert son propre dispensaire aux HLM Grand Médine n° 990, depuis le 1er février 1993. Ce dispensaire comprend deux sections. Une section de médecine générale et une autre de chirurgie dentaire. Le dispensaire offre ses services à une population majoritairement démunie à un tarif très réduit.
Par ailleurs, le Fonds a pu construire un Complexe médico-socioculturel à Rufisque qui est désormais partiellement fonctionnel. Il a pu également réaliser la première unité de son complexe socioculturel de la Patte d’Oie.

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Complexe médico-socio culturel de Rufisque

 

Rencontre avec le fondateur de ce centre, le Professeur Khadim Mbacké, chercheur à l’institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN).

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre Association ?

Khadim Mbacké : Je suis Khadim Mbacké et mon association est le Fonds Sénégalais de
Solidarité Islamique fondé par moi-même le 4 septembre 1987
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Pourquoi avoir fondé cette association ?

Khadim Mbacké : Pour une solidarité organisée, afin de réaliser des choses concrètes. Mais aussi pour que nous arrêtions de dépendre des aides de l’extérieur. La première assemblée générale à eu lieu à l’institut islamique, il y avait 32 personnalités présentes. En 1988, en mars, nous travaillions sur le terrain pour la première fois en aidant les sinistrés des inondations.

 

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                                   Membre du FSSI lors d'une conférence

Quelles sont les activités de l’association ?

Khadim Mbacké : Nous distribuons aux écoles coraniques des vêtements ainsi que des aliments. Nous vendons aussi des nattes avec le logo de l’association afin de récolter des fonds, ainsi que des calendriers grégoriens/hégiriens muraux (car les gens au Sénégal se réfère plus au calendrier grégorien) et des calendriers de tables, de poche également depuis 1988. Nous les vendons aux pharmacies ainsi qu’aux entreprises.
Nous tenons des conférences religieuses afin de sensibiliser les gens. Nous aidons également les autres associations islamiques.

Quelles sont les réalisations de votre association ?

Khadim Mbacké : Nous avons réalisé en mars 1993 un dispensaire qui compte aujourd’hui plus de 1000 consultations par an. Les médecins bénévoles sont des généralistes, chirurgiens dentaires. Nous avons parfois besoin de recruter. L’Etat nous a attribué un terrain de 1700m2 sur lequel nous avons construit une mosquée dans le quartier de Grand Médine; nous avons également un centre socioculturel dans lequel nous sommes en train de mettre en place un orphelinat ainsi qu’un jardin d’enfant.

Etes-vous la seule association à but humanitaire ?

Khadim Mbacké: Non, elles sont nombreuses et il existe même une fédération mais les objectifs ne sont pas toujours les mêmes.

Comment soutenir le FSSI ?

Khadim Mbacké: Alors c’est une association qui compte une soixantaine de membres (des fonctionnaires comme des gens du privé et des intellectuels), en tant que membres ils versent une cotisation de 25000 francs cfa. Vous pouvez nous soutenir en achetant des produits de l’association; en faisant des dons directs ; en adhérent (il faut vraiment que vous soyez un musulman engagés pour la oumma).

Vous êtes à la tête de l’institut islamique de l’IFAN, comment gérer vous votre travail avec les activités de l’association ?

Khadim Mbacké: J’y arrive. Mais depuis le 1er janvier 2008 je ne suis plus à la tête de l’association. Une autre personne a été nommée pour occuper cette fonction : Mr. Ousmane Fall. Je suis maintenant président du conseil d’administration. Nous avons une assemblée annuelle, sinon ceux sont des assemblées extraordinaires qui sont convoquées.

 


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Cours de vacances organisés par le FSSI

Quelles sont vos perspectives pour l’avenir ?

Khadim Mbacké : Pour le complexe de la Patte d’Oie nous aimerions faire un centre de formation pour les jeunes, afin qu’ils puissent avoir un métier. Et puis il y a ce collectif, mais nous avons beaucoup de mal à le faire fonctionner.

Dernière question, le Sénégal étant un pays à 80% de musulmans, quel soutient avez-vous de la part de l’Etat ?

Khadim Mbacké : Nous utilisons en générale nos relations par le biais de nos membres pour faciliter certaines choses. Comme l’acquisition du terrain pour construire la mosquée. Mais les relations avec l’Etat ne nous profitent pas beaucoup. Aussi, il y a un manque de connaissance de la loi. Les Musulmans ne savent pas, par exemple, qu’un religieux qui passe la douane ne doit pas payé de taxe. Une fois un imam a fait la remarque à un douanier qui lui a signifié que cette loi avait été votée sous la colonisation, donc elle n’était valable que pour les religieux chrétiens. Comme les Musulmans ne sont pas au courant de cette loi, personne ne se mobilise pour qu’elle soit valable aussi pour les religieux musulmans. Cela a été aussi le cas pour la RTS, la télévision nationale. A chaque fois que des religieux chrétiens sont invités, ils se font payer. Quant il s’agit d’un religieux musulman qui intervient pour une émission, ce n’est pas le cas. C’est parce qu’ils ne savent pas qu’ils ont droit à une rémunération.

Pour plus d’informations :

CONTACT
FONDS SENEGALAIS DE SOLIDARITE ISLAMIQUE
Récépissé n° 5760 M. INT/DAGAT du 07 mars 1988
Villa 990 H.L.LM. Grand Médine
Tél : (221) : 835-39-78 BP 5496 Dakar

 20/12/2008

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Awa  - Grand salem à nos frères sénégalais   |2009-02-17 22:42:23
J'en profite pour passer un grand salem à nos frères sénégalais.
Voir que les
associations musulmanes se mutliplient dans le monde fait chaud au coeur.